Source de l’Ayurvéda, le Véda, c’est quoi au juste ?

Stances du RigVéda

Même si beaucoup en occident assimilent le Véda à l’Hindouisme, rappelons en préalable que le Véda n’est pas une religion. Pour Pierre Baierlé, animateur du site vedoham.org et auteur d’ouvrages destinés au grand public sur l’Ayurvéda[1], cette interprétation est une grossière erreur. Historiquement, « l’Hindouisme, est un système de croyances créé par les populations qui vivaient il y a quelques 3000 ans sur les bords du fleuve Indus, au nord de l’Inde ». L’Hindouisme s’est inspiré du Véda pour établir ses croyances et ses rituels. Le Véda n’est pourtant pas une création humaine, et encore moins une religion. Une stance du Rigveda rappelle que « le Véda est Shruti, ce qui est entendu dans le silence de l’être ». La tradition védique considère que les sons du Véda sont les fluctuations du Soi : « Véda est le nom. L’univers est la forme. Le corps humain est à l’image de l’univers. Je suis le Véda. Je suis l’univers ». Le Véda est la transcription phonétique exacte des impulsions des lois de la nature que les Rishis ou grands sages de l’Inde ont entendues dans le silence de leur être. Ces sons ont été cognisés[2] directement par ces Rishis, un peu comme ces vérités mathématiques qui émergent sous une forme entièrement exprimée.

Selon le sage indien Maharishi Mahesh Yogi – à qui l’on doit les avancées les plus significatives dans l’Ayurvéda au cœur de l’Ayurvéda Maharishi – la cognition du Véda est accessible à tout être humain dans les états de conscience les plus élevés. Ces « suites sonores » ne sont que les expressions de la loi naturelle, la base de toutes les lois de la nature. Interrogé lors d’une conférence de presse sur les batailles sanglantes qui ponctuent des textes védiques tels que le Mahabharata ou le Ramayana, lesquelles pourraient porter à croire que les guerres sont naturelles, Maharishi a affirmé que c’était là une fausse interprétation des textes védiques. Bien que pouvant faire penser à des textes historiques, les textes védiques décrivent en détail le mode de fonctionnement des lois de la nature dans la physiologie humaine.

Ramayana

Ainsi, à chaque hymne védique correspond une fibre ou une partie du corps humain. Les recherches du Dr Tony Nader, chercheur au MIT et auteur du livre « La physiologie humaine, expression du Véda et de la littérature védique », montrent que l’ensemble du scripte védique est à la base de la physiologie humaine et sa relation avec la physiologie cosmique. Chaque partie du corps humain a sa contrepartie cosmique. Telle est la réalité selon Maharishi, une affirmation qui souligne combien le Véda a été très souvent mal interprété, y compris en Inde. Notons au passage que cette réalité est exprimée en des termes similaires de contreparties cosmiques dans la Cabbale[3].

L'homme est cosmique

L’homme est cosmique

Le Véda permet à l’homme de faire l’expérience de cette connaissance dans le silence de sa propre conscience. Dans son livre “Passeport pour l’immortalité”, Pierre Baierlé rapporte le point de vue des grands sages védiques : « Le Véda n’a pas besoin d’être traduit en une autre langue que la sienne, la langue de la nature ». Il suffit de l’approcher à son niveau pour entendre, comprendre et vivre ces expressions en sanscrit, le langage de la nature. Les caractéristiques uniques de ce langage, qui feront l’objet d’un prochain article, expliquent les effets qu’il engendre sur la physiologie humaine. La connaissance précise de ces effets s’inscrit dans la tradition spirituelle immémoriale de l’Inde.

Connue aussi en tant que science des mantras, cette connaissance n’est pas en contradiction avec la science moderne, bien au contraire. La physique reconnaît en effet que certains sons émis à certaines fréquences sont capables d’effets, comme par exemple celui de briser une flûte de cristal. Dans la Bible, le siège de Jéricho, dont les murailles se sont effondrées sous le souffle des trompettes de l’armée de Josué, montre qu’aux temps bibliques la maîtrise de ces pouvoirs était effective. La littérature védique, et notamment le Mahabharata, regorgent de descriptions d’armes magiques activées à l’aide de mantra. Ces suites sonores ont de profonds pouvoirs spirituels lorsqu’elles sont prononcées correctement. Au cœur des nombreuses pratiques de méditation dont le Véda s’est fait une spécialité, les mantras ont des effets même lorsqu’ils sont simplement chantés à haute voix.

Portant sur trois groupes de soixante sujets de vingt-cinq ans, une étude réalisée à l’Université d’État de Floride a montré que le simple fait de chanter vingt-cinq minutes par jour le hare krishna maha mantra[4] réduisait de manière tangible le stress, les états dépressifs ainsi que les mauvaises habitudes. En outre, l’étude a constaté qu’avec le temps se développait un sentiment de paix intérieure et de communion avec le divin. La plus surprenante des expérimentations sur le sujet est sans doute celle qui a été faite avec les sons du Samaveda, l’une des quatre branches du Véda. Ses résultats ont fait également l’objet d’une publication[5]. L’effet a été observé sur des cultures cancéreuses in vitro. Les sons du Samaveda ont fait régresser la croissance de toutes les cellules cancéreuses, ce qui fut loin d’être le cas avec de la musique « hard rock » où l’on a pu constater, dans plusieurs cas, une croissance des cellules malignes.

Cristal cassé par un son

On comprend mieux à présent pourquoi, pendant des millénaires, les hommes de la civilisation védique, dont on dit qu’ils vivaient le paradis sur terre, se sont attachés à maintenir la tradition orale, à chanter dans une prononciation toujours parfaite les milliers de versets et stances du Véda, à les vivre et à les transmettre ainsi scrupuleusement[6] de génération en génération[7]. C’est cette vie paradisiaque qui est rapportée dans l’épopée du Ramayana du sage Valmiki, consacrée à la vie du roi Rama. La préface d’une adaptation française de cette épopée[8] mentionne que « derrière l’inoubliable aventure du Prince d’Ayodhya… se dessine l’enseignement sans âge de toutes les grandes civilisations, sans distinction de races ; celui dont nos contemporains, par les effets d’une étrange fatalité, risquent de perdre jusqu’au souvenir à force de s’infatuer de leurs dérisoires et dangereuses prouesses ; et de les croire indispensables ». Rappelons-nous simplement que le Véda est une connaissance universelle et qu’elle est accessible à tous.

Jo Cohen


[1] « Passeport pour l’immortalité », Pierre Baierlé, éditions Favre.

[2] Cognition : mécanisme spécifique d’acquisition instantanée de la connaissance que l’on peut assimiler à une révélation. Une petite idée de ce processus nous est donnée par ces intuitions venues du fond de l’être et dont on sait intimement qu’elles sont vraies sans pouvoir le démontrer. Ce niveau de fonctionnement de la conscience a toujours été la source des profondes intuitions qui ont fait avancer la science moderne. Nous avons tous en mémoire le fameux « Euréka  » d’Archimède découvrant le principe selon lequel tout corps plongé dans l’eau reçoit une poussée égale au poids du volume d’eau déplacé. Ou Einstein affirmant que E = Mc2, une loi vérifiée par l’expérience plus de dix ans après avoir été énoncée. Le physicien anglais Newton, à qui l’on doit la loi de la gravité, reconnaît que l’idée de la gravitation lui vint alors qu’il était assis « dans une attitude contemplative « . Elle fût occasionnée par la chute d’une pomme !

[3] ‘Astrology, the star connexion’, Dr. Phllip Berg, Editions RCKI, page XX de l’introduction.

[4] Grand mantra dédié au Seigneur Krishna.

[5] Revue de la Federation of American Society of Experimental Biology n6 (Vol.5, 1992), A, 1934.

[6] La prononciation du sanscrit est capitale. Le sens d’un mot change du tout au tout s’il est mal prononcé.

[7] Non seulement les traités étaient appris par cœur mais ils étaient récités à l’envers comme à l’endroit !

[8] Le Ramayana, Préface et adaptation de Charles Le Brun, Dervy Livres, 1985.

7 réflexions au sujet de « Source de l’Ayurvéda, le Véda, c’est quoi au juste ? »

  1. Ludovic

    Je suis tombé sur cette article, il est vraiment très intéressant. Mon objectif est de prendre l’habitude d’écouter une heure par jour les védas.

    Sinon existe-il d’autre mantra permettant de réduire les mauvaises habitudes ?

    Répondre
    1. Jo COHEN Auteur de l’article

      Bonjour Ludovic

      Si tu tapes sur Youtube Maharishi Vedic Pandits tu va trouver des chants védiques de très bonne qualités que tu pourras écouter à loisir.
      Essaies aussi Sama Véda Maharishi.

      Bonnes expériences
      Jo

      Répondre
      1. Ludovic

        Merci pour ce partage
        je dispose d’un cd de maharishi des milles noms de vishnu et des 108 noms principaux de vishnu,. Je vais le compléter avec ce que je vais trouvé sur you tube.

        Cordialement.

        Répondre
          1. ludovic

            Merci de l’information.Sinon les sons védiques ont-ils des effets similaires à la mt ?
            Cordialement.

    1. Jo COHEN Auteur de l’article

      Bonjour

      La version française du livre est sortie en 1995. Demandez dans un centre de Méditation Transcendantale près de chez vous s’il en ont encore.
      Sinon, cherchez sur les sites qui vendent des livres d’occasion.
      La version anglaise, d’une édition plus récente enrichie, est disponible sur Internet via des sites aux US, Royaume Uni ou Inde.
      Cordialement
      Jo

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *