Rencontre avec un médecin ayurvédique hors du commun

 

Le Dr. Balaraj Maharishi, plantes à la main

Le Dr. Balaraj Maharishi, plantes à la main

Cet article reprend dans ses grandes lignes le témoignage du docteur britannique Don Brennan, spécialiste de l’Ayurvéda Maharishi, lors de sa rencontre dans les années 80 avec le docteur indien Balaraj Maharishi, un guérisseur hors norme qu’un groupe de médecins étaient venus voir en Inde afin de se former à cette connaissance plusieurs fois millénaire. Médecin ayurvédique hors du commun, Balaraj Maharishi est décédé en 2001. Il a été choisi personnellement par le sage indien Maharishi Mahesh Yogi afin de restaurer l’Ayurvéda dans sa pureté originelle. Ce travail a été conduit en collaboration avec deux autres médecins ayurvédiques exceptionnels, le Dr Brihaspati Dev Triguna, président du Conseil Mondial de l’Ayurvéda jusqu’à sa mort le 1er janvier 2013 et spécialiste reconnu de la prise de pouls, ainsi que le docteur V. M.  Dwivedi, spécialiste reconnu des rasayanas, ces préparations à base d’herbes, de minéraux et de pierres précieuses destinées à renforcer la longévité. Le témoignage de ce médecin occidental est une véritable inspiration pour toux ceux qui pratiquent l’Ayurvéda.

En juin 1984, Don Brennan fait partie d’un groupe de médecins occidentaux venus en Inde suivre une formation de quinze mois en Ayurvéda. En février 1985, ils sont invités à rejoindre un groupe de médecins ayurvédiques à Brasilia pour assister à une conférence de deux semaines portant sur les traditions indigènes de santé en Amérique du Sud. C’était là qu’il rencontre pour la première fois le Dr. Balaraj Maharishi, reconnu comme l’un des plus grands vaidyas de son époque. Le vaidya conseille le gouvernement de l’état de l’Andhra Pradesh sur toutes les questions liées à l’Ayurvéda. Lors de cette conférence, les médecins occidentaux remarquent la présence d’un homme qui reste assis pendant des heures, se déplaçant à peine. Le calme qui l’entoure est palpable. Tous veulent savoir qui est cet homme. Il leur est répondu que cet aîné n’est autre que le Dr. Balaraj Maharishi, un vaidya très respecté en Inde, considéré comme la plus haute sommité vivante en matière de plantes médicinales de l’Ayurvéda, science connue sous le terme sanscrit de Dravyaguna.

Le Dr. Don Brennan

Le Dr. Don Brennan

A l’âge de 17 ans, Balaraj voyage en train dans l’Inde du nord lorsqu’un contrôleur exige le paiement du prix d’un ticket d’un sannyasi, ces hommes qui parcourent l’Inde dans le cadre de leur quête spirituelle. Or, la tradition veut que l’on laisse ces hommes saints voyager gratuitement. Mais, devant l’insistance du contrôleur, Balaraj finit par payer le billet du sannyasi. Amusé par l’incident, le sannyasi demande au jeune homme ce qu’il a l’intention de faire avec sa vie. Balaraj répond qu’il souhaite rendre les gens heureux et envisage pour cela de se consacrer à la musique. Il est d’ailleurs en chemin pour Madras afin d’apprendre à jouer d’un instrument traditionnel qu’il a entendu lors du passage d’un groupe qui a récemment visité son village. Sur ce, le sannyasi se propose de lui donner mieux pour rendre les gens heureux et l’invite à le suivre. Le sannyasi était un vaidya expérimenté qui avait consacré sa vie aux plantes médicinales et à leur utilisation. C’est ainsi qu’adolescent, Balaraj commence à apprendre l’Ayurvéda  auprès de son maître.

Balaraj

Balaraj

Dans le cadre de sa formation, Balaraj parcourt avec son maître des forêts, des champs ainsi que de nombreux déserts de l’Inde. Chaque fois qu’ils rencontrent une plante, le maître lui indique tout à son sujet, nom, famille, genre, propriétés, utilisations, combinaisons à employer en fonction des états à traiter… Ils parcourent ainsi l’Inde de long en large, sans oublier l’Himalaya où le sannyasi a ses quartiers. Balaraj acquiert graduellement une connaissance détaillée de plus de quatre mille plantes médicinales. Un jour, à Brasilia, le groupe de vaidyas venus de l’Inde décide de se joindre à un groupe de praticiens traditionnels d’Amérique du Sud dans la jungle afin d’étudier ensemble des plantes locales. A la fin de la journée, Balaraj Maharishi  gagne le respect de tous car, chaque fois qu’ils se trouvent face à une plante dont ils ignorent tout, Balaraj leur explique tout à son sujet, depuis son nom sanscrit, son nom latin, son nom commun ainsi que l’utilisation de ses différentes parties. Ses connaissances encyclopédiques semblent sans limites. Trente ans après leur rencontre, le sannyasi dit à Balaraj qu’il est enfin prêt  pour donner cette connaissance au monde. Le Dr. Balaraj Maharishi commence alors sa propre carrière professionnelle.

Son disciple, le Dr. Raju

Son disciple, le Dr. Raju

Balaraj démarre sa carrière en installant des camps dans toute l’Inde rurale. C’est de cette façon que sa réputation commence à se développer. Son modus operandi consiste à établir un camp pendant une semaine dans un lieu donné.  Des milliers de malades viennent alors à lui. Il travaille jour et nuit avec ses disciples pendant toute la semaine. Il traite les cas les plus difficiles lui-même. Une fois le camp levé, les villageois cueillent des plantes à son intention pour son prochain passage. L’étudiant le plus proche de Balaraj est le Dr Raju d’Hyderabad, également présent à Brasilia. Il raconte de nombreuses histoires de ses séjours en forêt avec Balaraj. Celle de bhutumbi, plante rare appelée aussi la tubercule du serpent, d’une grande valeur médicinale, illustre les connaissances nécessaires pour accéder à de tels trésors avec délicatesse. Principale raison ? Les cobras aiment construire leurs nids autour des racines de cette plante. Ceux qui essaient de cultiver le bhutumbi sont en danger car les serpents qui finissent par y élire domicile n’aiment pas être dérangés. Afin de cueillir le bhutumbi en toute sécurité, Balaraj jette une poudre sur le nid, ce qui assomme les cobras pour environ une demi-heure. Il creuse alors autour des racines afin de cueillir la plante et jette une seconde poudre sur les serpents. Le Dr. Raju lui demande pourquoi cette seconde poudre? Balaraj explique que c’est au cas où un serpent serait blessé lors de cette cueillette, la seconde poudre les aiderait à guérir de leurs blessures! Balaraj avait aussi une poudre pour les lions. S’il croise un lion en chemin, Balaraj jette sa poudre et le lion l’ignore ainsi que le groupe s’il est accompagné.

Le pot de l'immortalité, Amrit Kalash

Le pot de l’immortalité, Amrit Kalash

Un jour, en réponse à la question «  existe-t-il une préparation qui convienne à toutes les maladies? » Balaraj répond que, en des temps anciens, la question fût posée par un grand roi à son équipe de médecins royaux, rajvaidyas. Leur réponse, qui n’a jamais été notée par écrit, était connue d’un sadhu-vaidya  qui l’a donnée à Balaraj il y a longtemps, avec instruction expresse qu’elle devrait être employée au bénéfice de toute l’humanité. Balaraj Maharishi décide alors d’appeler cette formule ‘Amrit Kalash’ – le pot de l’immortalité – commercialisée actuellement sous le nom de Maharishi Amrit Kalash. L’une des plus grandes contributions de Balaraj pour la science mode