Il n’y a qu’un pas du rire à la félicité

 

Le rire est une réaction spontanée

Le rire est une réaction spontanée

Les effets positifs du rire sur la santé font régulièrement l’objet d’articles dans la presse. Regarder des films comiques ou rire dans le cadre de sessions qualifiées de « Yoga du rire », voire de « méditation par le rire »[1], sont des pratiques présentées comme des « médicaments » à la portée de tous. Vrai ou faux ? Tout dépend du point de vue. Un point cependant sur lequel tout le monde s’accorde : nous rions de moins en moins ! En cause ? Les soucis, le rythme effréné de vie, le stress, etc. Nous rions à peine une minute par jour contre plus de vingt en 1939. En nombre d’éclats de rire, les scientifiques en dénombrent dix à quinze par jour alors que sans se forcer, un enfant peut rire jusqu’à 400 fois par jour ! Comme l’affirment les spécialistes du sujet, « le rire est à prendre très au sérieux ». Le docteur français Henri Rubinstein, auteur de nombreux ouvrages sur le sujet, assimile le rire à un « jogging stationnaire ». Le rire engendre des réactions en chaîne bénéfiques à l’organisme. Lorsqu’il est naturel, comme lorsque nous sommes pris d’une crise de fou rire par exemple, il se propage comme une onde de choc dans tout l’organisme, avec des effets rappelant à la fois ceux du massage et de la respiration saccadée Kapalabhati du Pranayama[2].

Une abondante littérature explique que cette « gymnastique interne » met en jeu une bonne douzaine de muscles du visage. Elle accélère la circulation au niveau des capillaires ainsi que le rythme cardiaque et dilate les vaisseaux, d’où ses effets positifs sur l’hypertension. Avec le rire, les tensions physiques s’évacuent. Le cerveau produit des endorphines qui atténuent la douleur. Les « clowns thérapeutiques » qui investissent les couloirs des services pédiatriques des hôpitaux utilisent ces effets sur des enfants plus aptes à rire spontanément que des adultes. Rire met en marche le système respiratoire, le système circulatoire et le système nerveux. Il stimule aussi le système digestif et immunitaire. Le rire est un puissant antistress, car il rétablit l’équilibre entre le système sympathique et le système parasympathique, ce qui provoque un ralentissement du cœur, un relâchement des vaisseaux et une détente musculaire qui tend à réduire l’état de stress. Ainsi, sur le papier du moins, le rire pourrait éviter bien des maladies ou accidents cardiaques graves.

Les enfant rient jusqu'à 400 fois par jour

Les enfant rient jusqu’à 400 fois par jour

Les effets du rire ne sont pas que physiologiques. Le rire amène l’hypothalamus  à sécréter des endorphines. Ces fameuses « hormones du bonheur » apaisent le corps et apportent un bien-être en réduisant les excès d’adrénaline et de cortisol[3]. Les catécholamines, stimulées lors du rire, ont aussi un effet antidépresseur sur l’organisme. Le rire est une « désintoxication morale » ainsi qu’un stimulant psychique. Il renforce l’optimisme et libère l’esprit de ses préoccupations en relâchant les muscles tendus. Point essentiel, autant de bienfaits sont accessibles…gratuitement. Le rire a en outre la bonne idée d’être contagieux. A consommer donc sans modération !

Pourtant, le rire n’est pas le remède miracle à tous nos maux comme on le voit souvent écrit ici et là. La plupart des bénéfices du rire ne font pas l’unanimité dans la communauté médicale.Le professeur Rod Martin, spécialiste du rire à l’Université Western Ontario (Canada), reconnait qu’envisager la vie avec humour a des conséquences bénéfiques mesurables sur la santé psychologique et émotive. Il précise toutefois qu’il est difficile de déterminer avec précision si ces effets résultent du sens de l’humour ou si ce sont ces effets qui permettent d’aborder la vie avec humour. La nuance est de taille. Rod Martin met aussi en garde contre l’utilisation malsaine rire pour fuir les problèmes et éviter de les affronter de façon constructive. Le professeur canadien explique que nous ne rions pas uniquement lorsqu’une situation est drôle. Ce serait le cas environ une fois sur dix affirme pour sa part le professeur américain de psychologie à l’Université de Maryland Robert Provine. Ce neurscientifique considère que le rire exerce avant tout une fonction sociale, importante pour l’équilibre psychologique des personnes. Em clair, sourire ou rire vaut mieux que d’avoir le visage fermé.

Tous les rires ne sont pas heureux!

Tous les rires ne sont pas heureux!

En dépit de centaines d’études sur le pouvoir de guérison de rire, les chercheurs n’ont jamais pu démontrer que faire un effort pour rire pouvait guérir concrètement une maladie. Certes, il est prouvé que les gens naturellement heureux jouissent d’une meilleure immunité. L’expérience nous enseigne toutefois que tous les rires ne sont pas heureux. C’est le cas du « rire nerveux » qui peut se déclencher dans des circonstances de peur, de tristesse ou de surprise.  De la même façon, toutes les larmes n’expriment pas de la tristesse. Il est tout aussi courant de pleurer de joie. On peut aussi se forcer à rire, sans se sentir heureux à l’intérieur. L’Ayurvéda Maharishi va au delà de ces paradoxes. Elle amène le concept du « rire médicament » à un niveau plus profond, celui de la félicité, ananda en sanscrit. Elle considère que le rire guérit quand il est l’expression spontanée de la félicité que l’on ressent à l’intérieur, point de vue conforté par les réserves exprimées entre autre par le professeur Rod Martin. La félicité dont parle l’Ayurvéda Maharishi est un état intérieur de bien être inébranlable. La vraie question est donc comment accéder à cet état de félicité qui soutient le système immunitaire, le système endocrinien, le cœur, l’esprit, la longévité, etc.?

L’Ayurvéda Maharishi explique que la félicité est une qualité de la conscience pure. Seule cette qualité permet de profiter pleinement des bienfaits de la guérison par le rire. Dans la Caraka Samhita, le traité védique fondateur de l’Ayurvéda, une personne en bonne santé est celle dont l’esprit baigne dans la félicité apportée par l’état ​​d’équilibre entre le corps et l’esprit. Tous les traitements recommandés par l’Ayurvéda Maharishi n’ont d’autre objectif que de cultiver la félicité. Aucune prescription donnant des effets secondaires néfastes éloignant de la félicité n’est recommandée dans l’Ayurvéda Maharishi. Comment développer cet état intérieur de félicité ? Le Conseil des médecins de l’Ayurvéda Maharishi recommande cinq approches pour cela.

– Etre établi dans la non-violence

Le terme sanscrit Ahimsa signifie être non-violent dans la pensée, la parole et l’action. Colère, méfiance, frustration… ainsi que toutes les émotions négatives détruisent la félicité. Elles perturbent l’équilibre du sous-dosha de Pitta appelé Sadhaka Pitta. Ce dernier régit les émotions et le cœur. C’est pourquoi la non-violence est recommandée. Elle est considérée comme un véritable Rasayana du comportement qui favorise la félicité et la longévité, de la même manière que les composés les plus raffinés à base de plantes ayurvédiques, également appelés Rasayanas. Ce Rasayana du comportement comprend un large éventail d’attitudes. Respecter les aînés, respecter toutes les formes de vie ou dire la vérité avec douceur en font partie. Bien sûr, ces comportements sont spontanés chez ceux qui sont établis dans des états supérieurs de conscience. Ceux qui souhaitent cultiver la félicité dans leur vie peuvent les respecter du mieux qu’ils peuvent.

L'état intérieur compte plus que le rire

L’état intérieur compte plus que le rire

– Consommer des aliments qui créent la félicité

Les aliments qui contiennent l’intelligence de la nature, parce qu’ils n’ont subi aucun traitement toxique et ont été cueillis à temps, sont plus facilement convertis en Ojas (voir à ce sujet http://la-voie-de-l-ayurveda.com/conseils-pour-favoriser-la-production-dojas). Ce sous-produit d’une digestion saine est la contrepartie matérielle de la félicité. Il donne de l’éclat au regard et à la peau. Il développe l’immunité. Les principaux aliments favorisant Ojas sont le lait, le ghee, les graines entières, les légumes frais ainsi que les fruits juteux et doux. Les aliments qui détruisent la félicité sont les restes, la viande rouge, la nourriture et les aliments en conserve, les aliments industriels. Ces types d’aliments, difficiles à digérer, créent de l’ama, déchet toxique d’une digestion incomplète qui fait le lit de la plupart des maladies. Ama  alimente en outre l’ennui et les émotions négatives. Moralité, plutôt que de vous focaliser sur la teneur en calories des aliments, qui n’est qu’une vision partielle des choses, assurez- vous qu’ils sont bien vivants, c’est-à-dire animés par l’intelligence de la nature.

– Régler sa vie quotidienne sur la routine ayurvédique

Connaître avec précision la façon de gérer votre vie au jour le jour est une autre source de félicité. Savoir quand aller à dormir, quand se réveiller ou quand manger demande d’être à l’écoute de la nature. Si vous restez éveillé la nuit et dormez pendant la journée, vous aurez sans doute votre compte en nombre d’heures de sommeil, mais vous vous sentirez apathique car les micro-canaux du corps (shrotas en sanscrit) auront tendance à se boucher, entraînant un sentiment de mal être. Pour bénéficier d’un sommeil réparateur, il faut vous endormir au moment ou toute la nature s’endort, c’est à dire avant vingt deux heures. Il sera plus facile alors de vous endormir et votre sommeil sera de meilleure qualité. Se réveiller avant six heures est également une habitude saine à cultiver car elle permet au corps et à l’esprit de baigner dans l’énergie dynamique du premier cycle Vata de la journée (voir a ce sujet http://la-voie-de-l-ayurveda.com/la-routine-quotidienne-selon-layurveda-lautoroute-de-la-sante).

Choisir des aliments vivants

Choisir des aliments vivants

–  Contrôler les sens

Le terme sanscrit de cette prescription est indriya jaya, qui signifie « gagner sur les sens ». La félicité ne peut se développer tant que les sens commandent l’esprit. La félicité nécessite que l’esprit régisse les cinq sens et non l’inverse. L’indulgence à se livrer au plaisir de tel ou tel sens pousse à faire des erreurs qui conduisent à des problèmes de santé. La formule sanscrite pragya apradha, ou erreur de l’intellect, traduit ce mécanisme. Prenons un exemple : si vous souffrez d’un déséquilibre Pitta, car il y a trop de chaleur dans votre corps, vous serez en meilleure santé si vous consommez des aliments doux et amers. En revanche, si vous avez envie de manger des piments, vous allez aggraver votre déséquilibre Pitta, et accroître ainsi la colère, la frustration et favoriser le développement à terme d’un ulcère gastrique ou d’hémorroïdes. Votre sens du goût aura donc conduit votre esprit à prendre des décisions néfastes pour votre santé et votre félicité. De même, rester tard le soir pour voir la fin du film qui passe à la télévision est un autre exemple. Le sens de la vue commande alors à votre esprit qui devient trop actif, détruisant Ojas et entraînant des troubles du sommeil. Permettre à votre esprit d’être éclipsé par les sens détruit la félicité. La seule façon de briser cette emprise des sens est de saturer l’esprit de bonheur et de félicité, qualités plus plénifiantes que le plaisir lié à l’objet des sens.

Baigner l’esprit dans la félicité

Terme sanscrit signifiant connaissance de l’aspect transcendantal de la vie, Tattvagyan est la composante la plus importante de la félicité. Les textes védiques nous enseignent que lorsque l’expérimente le transcendant, alors la félicité vient spontanément, parce que la transcendance est un champ de pur bonheur. Pour cette raison, le Conseil de l’Ayurvéda Maharishi recommande de pratiquer régulièrement la technique de méditation transcendantale. De très nombreuses études démontrent que les personnes qui pratiquent cette technique de méditation améliorent leur santé, la qualité de leurs relations ainsi que leur niveau de bien–être. Le bonheur procuré par l’expérience de la transcendance permet de contrôler les sens et d’agir plus facilement en accord avec les lois de la nature. Il sera plus facile d’observer la non-violence, de choisir des aliments qui apportent le bonheur et de respecter les routines ayurvédiques. L’esprit sera plus heureux et l’emprise de sens diminuera spontanément.

L'Amrit Kalash Maharishi

L’Amrit Kalash Maharishi

En marge de ces cinq approches, le Conseil des médecins de l’Ayurvéda Maharishi recommande deux groupes de préparations mentionnées dans les textes ayurvédiques pour leur influence favorable sur la félicité. L’Amrit Kalash Maharishi qui améliore Ojas est constitué des plantes les plus chères à la tradition ayurvédique. Plusieurs recherches montrent qu’il favorise la longévité et les états supérieurs de conscience. Les préparations à base de plantes somanasajaya, favorables à la coordination entre le cœur et l’esprit, créent un bonheur physique et mental. On trouve ces plantes somanasajaya dans les préparations suivantes de l’Ayurvéda Maharishi : Blissful Joy, Worry Free, la confiture de pétales de roses bio.  Les huiles de massage Youthful Skin pour hommes et pour femmes contiennent également des plantes somanasajaya telles que Shankapushpi. Lorsqu’elles sont utilisées pendant le massage, elles maintiennent l’élasticité de la peau et créent un état de bonheur au niveau de l’esprit et des émotions.

 

 

Jo Cohen

 

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[1]                               Ces appellations ont été mises entre guillemets car ce procèdent d’une démarche purement marketing. Aucun traité de Yoga ou de méditation ne parle du rire en de tels termes.

[2]                               Ces inspirations et expirations saccadées se font en respirant par le nez et par le ventre uniquement. L’air est expulsé avec force, ce qui fait un bruit rappelant celui d’une forge.

[3]                               Ces hormones sont liées au stress.

8 réflexions au sujet de « Il n’y a qu’un pas du rire à la félicité »

  1. Ludovic

    Le meilleur article du blog je pense ;).
    Je ne sais pas pourquoi, mais ton article ma fait penser à la discipline de Gandhi, avec les principes de non-violence, les principes alimentaires… etc

    Répondre
    1. Jo Cohen

      Bonsoir Ludovic

      Merci pour ton commentaire. En effet, le Mahatma Gandhi incarnait sur de nombreux points la tradition védique, notamment la non-violence qui l’a rendu célèbre dans le monde entier. Il a su déplacer des montagnes sans la moindre violence, et obtenu l’indépendance de l’Inde.

      Cordialement

      Jo

      Répondre
  2. Nathalie

    Le rire est également un outil thérapeutique mais je suis d’accord avec vous, la félicité et le rayonnement intérieur sont encore plus bénéfiques que le rire. Merci pour ces conseils.

    Répondre
  3. Ludovic

    En relisant cette article, je viens de remarquer quelque chose.
    Quelle est la différence entre la méditation transcendale et la méditation du calme mental ou l’on est observateur de sa respiration ?
    Au final on obtient la même chose… Ou bien le mantra utilisé pendant la méditation transcendale permet de rajouter des bénéfices ?
    Chaleureusement.

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  4. Annie

    Auto massage pouvez vous nous diriger vers des personnes pratiquant shirodhara
    Votre article sur l auto massage interpelle pour aller voir les guerriers guérisseurs au kerala
    merci

    Répondre
    1. Jo COHEN Auteur de l’article

      Bonjour Annie

      Vous trouverez sur le site Ayurvéda en France une liste des praticiens installés dans votre région. Une recherche sur les pages jaunes vous aidera à trouver des praticiens pratiquant les massages ayurvédiques. Souvent ils proposent aussi le Shirodhara.

      Cordialement
      Jo

      Répondre

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