La conférence du Vaidya Adwaït Tripathi à Paris (2ème partie)

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Ce second podcast va vous permettre d’écouter la seconde partie de la conférence donnée à Paris par le Vaidya Adwaït Tripathi le 6 juin dernier au Centre Dharma Sangh de Paris. Cliquez simplement sur ce lien hypertexte pour écouter la conférence ou sur le symbole ci-dessus. Vous pouvez télécharger ce podcast par un click droit sur ce lien hypertexte.

Le texte qui suit est une synthèse de son propos sur l’Ayurvéda et la longévité.

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Que faut-il retenir de la conférence donnée par le Vaidya Adwaït Tripathi le 6 juin dernier au Centre Dharma Sangh à Paris, notamment au sujet de la longévité ? Avant de répondre à cette question, rappelons en quelques mots qui est le Vaidya Adwaït Tripathi. Ce médecin ayurvédique est né dans une famille de Vaidyas qui s’est mise toute entière au service du sage indien Maharishi Mahesh Yogi afin de faire revivre l’Ayurvéda, connaissance menacée de disparaître ou d’être reléguée au rang de médecine des campagnes pauvres de l’Inde. Adwaït Tripathi a  appris l’Ayurvéda avec feu le Dr. Brihaspati Dev Triguna, président du Congrès Mondial de l’Ayurvéda. Peut être n’est-ce pas inutile de rappeler qui est le Dr. Triguna. Assez peu connu en France, il a fait d’impressionnantes prestations sur les chaines de télévision américaines dans les années 90 où il était en tournée avec le Dr. Deepak Chopra afin de promouvoir l’Ayurvéda. Petite anecdote pour situer le personnage : lors d’une émission sur une grande chaîne de télévision, il prend le pouls du présentateur vedette. Quelques secondes après, il lui dit qu’il s’était fait opérer récemment de calculs rénaux qui s’étaient accumulés à cause d’une consommation excessive de yaourts, le présentateur étant convaincu que c’était bon pour sa santé. Le présentateur n’a pu que confirmer le diagnostic.

Lors de la conférence au centre Dharma Sangh, Adwaït a rappelé en guise d’introduction que la vocation de l’Ayurvéda est de permettre à chaque être humain de vivre au moins cent ans en bonne santé. La longévité est l’essence même de l’Ayurvéda ainsi que le rappelle la célèbre formule ‘ayurveda amritanam’, littéralement « l’Ayurvéda est pour ceux qui s’intéressent à la longévité et l’immortalité ». C’est pourquoi cette connaissance s’adresse à tous, y compris ceux en bonne santé qui souhaitent simplement vivre plus longtemps. Malgré l’intérêt récent de l’occident pour l’Ayurvéda, trop de gens pensent encore qu’il s’agit là d’une médecine alternative à base d’herbes et de massages. Cette vision est loin de la réalité. Le terme Ayurvéda est composé de la racine Ayus (vie) et de Véda (connaissance). Elle couvre donc tous les aspects de la vie et des conditions de sa transmission. Ainsi, nous payons notre dette vis-à-vis de nos parents en ayant nous même des enfants, mais en tant qu’enfants de Mère Nature, comment pouvons-nous rembourser notre dette ? Selon Adwaït, c’est en vivant au moins cent ans en bonne santé afin d’atteindre l’état d’illumination ! C’est le Dharma de chacun, l’un des quatre domaines de l’existence qui donne tout son sens à notre vie. Le but ultime en est l’illumination ou Moksha, la libération de cycles des naissances. Pour l’atteindre, il faut aussi avoir le contrôle sur les désirs, Kama en sanscrit.

Vaidya Adwaït Tripathi
                                       Vaidya Adwaït Tripathi

L’existence de la vie se manifeste à travers le corps, son développement, ses imperfections et ses maladies. L’Ayurvéda sait depuis la nuit des temps que lorsque certains changements interviennent, les gens oublient leur Dharma ou souffrent de tel ou tel mal dont les symptômes ont été consignés dans les textes fondateurs. Tous les types de maladies sont connus de l’Ayurvéda, tant au niveau de leurs causes, leurs développements, leurs risques de complications ainsi que leurs traitements. C’est pourquoi Adwaït est convaincu que l’Ayurvéda, qui a connu un âge d’or, reprendra le relai de la médecine moderne lorsque celle-ci connaîtra le déclin. Il précise que cette connaissance comporte différentes disciplines comme la chirurgie ayurvédique, toujours pratiquée en Inde selon les principes du Sushruta Samhita. C’est le cas pour les opérations de la cataracte. Parmi les autres disciplines, il cite la médecine interne, l’ORL, la pédiatrie et l’enfantement, la fertilité et la puissance sexuelle ou encore l’étude des poisons.

Photo prise à la conférence

L’Ayurvéda repose sur un principe universel : ce qui est à l’extérieur dans l’univers existe aussi à l’intérieur de notre corps. C’est la fameuse formule « Yatha Pinde, Tatha Brahmande » des Upanishads. Tel est le macrocosme, tel est le microcosme. Ce qui conduit tout naturellement à l’examen des vingt qualités que l’on trouve dans l’univers : lourd, léger, lent, rapide, froid, chaud, humide, sec, rugueux, soyeux, dur, mou, stable, instable, mobile, immobile, nettoyant, encrassant, grossier, subtil, etc. Notre corps est fait des cinq éléments qui composent l’univers, l’air, l’espace, le feu, l’eau et la terre. Leur combinaison donne les trois doshas. Vata est fait d’air et d’espace, Pitta de feu et d’eau et Kapha de terre et d’eau. Vata, Pitta et Kapha sont les trois énergies qui gouvernent la physiologie. La santé selon l’Ayurvéda résulte de l’état équilibré des trois doshas, des vingt différents feux (Agni), des sept tissus (dhatus), des excrétions, des cinq sens, de l’esprit et des émotions. A la naissance, chacun individu a une constitution que l’on palle prakriti et qui est une combinaison unique de Vata, Pitta et Kapha. Au cours du temps, à cause des désordres inhérents à la vie, la prakriti change. Elle devient vikriti, la constitution du moment. Ironisant à l’heure du « Google Devata », Adwait a mis en garde car, si chacun peut connaître sa vikriti grâce au site « whatismydosha.com », les informations données ne sont pas correctes car elles confondent prakriti et vikriti, ce qui peut avoir de graves conséquences en termes de santé. Et d’insister sur l’importance de respecter les spécificités de sa prakriti, ce que ne permettent pas ces questionnaires. Seul un Vaidya peut vous donner avec certitude votre constitution de naissance.

Photo lors d'une consultation

Revenant sur le sujet des trois doshas, Adwaït explique que Vata gouverne tous les mouvements dans le corps. Il est aussi celui qui initie les mouvements. Il intervient dans toutes les fonctions de la physiologie, de la division cellulaire à l’excrétion. Le fonctionnement des organes sensoriels, de la parole ou de l’intellect sont également de son ressort. Ce dosha comporte cinq sous-doshas. Prana Vata gouverne l’air au niveau de la tête et du cerveau. Il contrôle aussi les organes des sens et les émotions. En cas de déséquilibre, il génère du stress, de l’anxiété ainsi que des problèmes de sommeil. Ce déséquilibre concerne selon Adwaït plus de 70% de personnes dans le monde. Udana Vata gouverne l’air dans les poumons et dans la poitrine. Il contrôle la respiration. Quant à lui, Vyana Vata gouverne l’air au niveau du cœur et donc le rythme cardiaque. Samana Vata gouverne l’air au niveau de l’estomac et donc la digestion. Enfin, Apana Vata gouverne l’air au niveau de la région pelvienne. Il intervient dans l’excrétion, l’ovulation, l’éjaculation, etc. Tout déséquilibre du Prana Vata à cause du stress ou d’excès de pensées entraine un déséquilibre d’Apana Vata qui perturbe le cycle hormonal de la femme et engendre des règles douloureuses.

Le Dr. B.D. Triguna
                                           Le Dr. B.D. Triguna

Le dosha Pitta contrôle le feu digestif et la température corporelle. Il a également cinq sous doshas. Pachaka Pitta aide la digestion ainsi que le feu digestif (Jatara Agni) au niveau de l’estomac et du duodénum. Ranjaka Pitta est responsable de la coloration et du développement du sang. Situé au niveau du cœur, Sadhaka Pitta traduit l’état émotionnel. En cas de déséquilibre, il peut engendrer de la tristesse ou de l’insatisfaction. Alochaka Pitta se situe au niveau des yeux. Il contrôle la vision. En état de déséquilibre, il aggrave la rougeur des yeux. Il est responsable de maladies oculaires comme la conjonctivite. Enfin, Brajaka Pitta est le feu qui gouverne la peau. Quant au dosha Kapha, il a la faculté d’attacher et de rendre solide et lourd. Avalambaka Kapha est le premier de ses sous doshas. Il est relié aux poumons. Situé à la partie supérieure du duodénum et dans l’estomac, Kledaka Kapha initialise et contrôle la digestion. En cas de déséquilibre, il favorise la graisse intestinale. Kleshaka Kapha est en relation avec le tissu articulaire. Tarpaka Kapha se situe dans la tête. Il est à l’origine des maux de tête ou des problèmes de sinus en cas de déséquilibre. Enfin Bhodaka Kapha permet de sentir le goût dans la bouche et dans la gorge. En cas de déséquilibre, il engendre des dépôts d’ama sur la langue.

L'usage des épices
                                L’usage des épices

Si nous connaissons notre prakriti, nous savons les maladies que nous sommes susceptibles de développer et ainsi les prévenir afin de bénéficier d’une longue vie. Lorsque la maladie est déjà là, l’Ayurvéda nous permet de la traiter et de ramener l’équilibre. Vu que 70% des maladies ont pour origine un déséquilibre de Vata, nous pouvons les prévenir en réduisant le stress par une diète appropriée, l’exercice physique ainsi que par la pratique du Yoga et de la méditation. C’est alors seulement que l’on peut adopter les facteurs qui accroissent la longévité. Une longue vie nécessite un corps puissant, un équilibre alimentaire, un sommeil réparateur et un contrôle des désirs. Tels sont les piliers d’une longue vie. L’alimentation doit être avant tout digeste. Si vous vous nourrissez mal, inutile de prendre des médicaments, ils n’auront aucun effet. Si vous vous nourrissez bien, inutile de prendre des médicaments, vous n’en aurez pas besoin. Au sujet du sommeil, l’Ayurvéda conseille de boire un bol de lait chaud, bien bouilli, avant d’aller au lit. Ce lait agit dans le corps comme un nectar (amrit). Beaucoup de gens se disent allergiques au lait. Cette allergie résulte du fait qu’il est mal consommé et au mauvais moment, notamment le matin. Il doit toujours être pris le soir. Il aide alors le sommeil ainsi que la digestion aux heures où le feu digestif  est faible. Une personne dont la prakriti est Kapha peut prendre du lait avec du curcuma alors qu’une personne Vata pourra le prendre avec de la cardamome. Après une bonne nuit, l’Ayurvéda conseille de prendre de l’eau le matin au réveil. La personne dont la prakriti est Vata pourra prendre de l’eau simple, la personne Pitta de l’eau avec du citron et la personne Kapha de l’eau avec du citron et du miel. Afin de renforcer l’immunité, cette eau peut être laissée toute une nuit dans un bol en argent. L’usage d’un bol en cuivre est également conseillé : il purifie l’eau de ses bactéries et favorise les réactions enzymatiques. Après le déjeuner, il est conseillé de prendre du babeurre (‘buttermilk’) dont les propriétés digestives sont bien connues.

Manger des aliments de saison
                             Manger des aliments de saison

Revenant sur le principe fondateur « Yatha Pinde Tatha Brahmande », Adwaït a rappelé d’autres points majeurs concernant l’alimentation. Ainsi, le petit déjeuner doit être suffisamment léger pour donner de l’appétit pour le repas le plus consistant de la journée, celui du midi. Comme le soleil, le feu digestif est alors à son apogée. Le diner doit être léger et pris avant le coucher du soleil. Les personnes qui prennent du poids ne mangent pas forcément plus, mais aux mauvaises heures. Eviter de manger du sucré le soir, spécialement le chocolat qui active le mental et perturbe le sommeil. Il est important, y compris pour les enfants, d’avoir goûté aux six saveurs dans la journée, doux, amer, astringent, acide, piquant et salé.  Il est important aussi de manger des aliments de saison. Chacun devrait éviter les aliments tamasiques comme les aliments fumés ou fermentés ainsi que les restes. Dans nos sociétés où le goût sucré est dominant, les fruits rouges sont un bon moyen pour contrebalancer de tels excès, notamment en cas de diabète. Ainsi, pas à pas, en respectant sa prakriti, chacun finit par savoir quel aliment est bon pour lui et lequel ne l’est pas. Remarque importante, l’emploi des épices recommandé dans la cuisine ayurvédique peut s’intégrer parfaitement à la cuisine du pays et aux coutumes locales.

L'Amrit Kalash Maharishi
                                  L’Amrit Kalash Maharishi

Selon Adwaït, la longévité résulte de l’application de ces nombreux « petits conseils ». Pratiqués de manière quotidienne, ils peuvent faire de véritables miracles. Il rappelle à cette occasion l’importance de l’automassage qui doit être pratiqué le matin avant la douche. Il suffit de cinq minutes avec de l’huile de sésame ou de jasmin pour les Vata, de coco pour les Pitta et de tournesol ou de pépins de courge pour les Kapha. Cinq minutes de repos après l’automassage permettront à l’huile de pénétrer dans le corps et de prodiguer tous ses bienfaits. Il est également recommandé de faire une promenade avant le lever du soleil, ce qui implique de se coucher tôt. Parmi les conseils spécifiques aux femmes, Adwaït cite les graines de sésame dont on peut saupoudrer la nourriture, le jus d’aloe véra (Kumari) et la plante Ashoka, autant de véritables nectars. L’arbre Ashoka, mentionné dans le Ramayana, est le protecteur de Sita, l’épouse de Rama. Il prévient tous les problèmes féminins. Autre plante favorable à la longévité, le tulsi, la plante associée à la déité Vishnu. Il est conseillé aux hommes comme aux femmes car il soutient l’immunité générale. Au chapitre des Rasayanas, ces préparations qui régénèrent la physiologie, il y a l’Amrit Kalash Maharishi, le plus puissant des antiradicaux libres et le Chyawanprash. Adwait mentionne enfin le fameux Panchakarma qui devrait être pratiqué idéalement à chaque changement de saison. La durée de cette cure de purification est importante. Adwaït estime qu’il faut au moins douze jours pour obtenir de bons résultats. Pour en augmenter les effets bénéfiques, Adwaït pratique dans son centre en Inde le concept de « holistic cure », incluant aux procédures du Panchakarma l’usage de sons védiques grâce à des mantras à usage médical et des Yagyas, procédures védiques destinées à la guérison matérielle et spirituelle.

Jo Cohen

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3 réflexions au sujet de « La conférence du Vaidya Adwaït Tripathi à Paris (2ème partie) »

  1. Ludovic

    Bonjour Jo
    tout d’abord, merci pour se résumé, j’ai encore quelques changement à effectuer pour respecter tous les conseils donné par Vaidya Adwaït Tripathi, mais je suis sur la bonne voie ;).

    Au niveau du lait, on ne peut pas le consommer le matin ? Parce que généralement le lait cru se conserve très peu de temps, du coup si je ne le consomme que le soir j’ai peur que celui-ci soit périmé avant de l’avoir totalement consommé.

    Bon dimanche.

    Répondre
    1. Jo COHEN

      Il a insisté sur le fait que le lait doit être bouilli et cuit correctement pour devenir un nectar.
      Consommé aux mauvaises heures, il produit ama, comme le lait cru non bouilli et consommé tel que.
      Pareil pour le diner après le le coucher du soleil, le feu est faible, la digestion incomplète produit ama!
      Diner léger est aussi important, une soupe par exemple, surtout en hiver.

      Bon dimanche, Jo

      Répondre
  2. Ludovic

    Re bonjour
    J’ai une autre question, pour le diner est-ce dramatique si celui-ci est pris après le coucher du soleil ?Car en hiver il semble difficile de respecter ce conseil.
    Ludovic.

    Répondre

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