Ce que dit l’Ayurvéda au sujet de la consommation de vin

Le vin accompagne un repas

A l’approche des fêtes de fin d’année, mon ami Michel Caubet m’a proposé d’écrire pour La Voie de l’Ayurvéda un article faisant le point sur la consommation de vin selon l’Ayurvéda. Très engagé dans l’écriture d’articles sur l’Ayurvéda et la méditation pour le site de Forbes Magazine en France, j’ai répondu favorablement à sa proposition. Je n’y ajouterai qu’une seule remarque : étant donné les nombreux pesticides utilisés dans les vignobles, y compris les plus réputés, je recommande à ceux qui souhaitent prendre un peu de vin à l’occasion des fêtes de ne consommer que du vin de qualité « bio ».

Jo Cohen

Que ce soit une bouteille de vin partagée avec des amis au dîner, ou un verre de vin pour vous-même, l’ayurvéda a un point de vue à partager sur les bienfaits et inconvénients de la consommation de vin.

Avant d’entrer dans les détails, posons-nous la question : est-il bon de boire du vin ? La réponse « ayurvédique » est simple : ça dépend !

Examinons d’abord si le goût ou les qualités du vin peuvent nous aider à soutenir notre digestion et à garder nos doshas en équilibre. Apprendre à rester en équilibre suppose une certaine connaissance de soi, fruit d’une attention qui est importante dans tous les domaines de notre vie. Le vin, qui fait partie des traditions culturelles des Français, est presque un incontournable dont il est pertinent de se préoccuper.

Bien sûr, il est bon de rappeler les méfaits de la consommation excessive d’alcool. Celle-ci ne cesse de baisser depuis les années 60, mais l’alcoolisme reste un problème de santé publique : en plus des problèmes de santé spécifiques liés à la dépendance à l’alcool, une consommation excessive augmente les risques de cancer, d’accidents de la route, et peut entraîner des difficultés sociales liés à l’alcoolisme.

L’alcool augmente Pitta

Laissons de côté la question des alcools forts ou de la bière et cantonnons-nous au produit le plus ancré dans les traditions culturelles des Français, à savoir le vin. Nos crus prestigieux, du Bordelais, de Bourgogne ou de Provence, sont réputés dans le monde entier. Certains médecins les prescrivent même pour des problèmes de santé spécifiques !

Dans les textes classiques, les médecins ayurvédiques font référence à la capacité de l’alcool à « atteindre rapidement le cœur et l’esprit, ayant ainsi un effet direct sur les qualités » ou doshas, les principes métaboliques Vata, Pitta, et Kapha. Ainsi, en fonction de notre tempérament, de notre physiologie, ou de l’état des doshas au moment où nous consommons du vin, l’alcool qu’il contient va avoir tendance à renforcer l’état dans lequel nous nous trouvons. Voilà sans doute pourquoi certains ont le vin gai alors que d’autres l’ont triste.

Les traités classiques de l’ayurvéda, dont la Caraka Samhitâ, donnent une liste d’alcools, en tête de laquelle se trouvent ceux issus de raisin. Le vin y est considéré comme un euphorisant, favorisant notamment la création artistique et la digestion. Les problèmes de l’alcoolisme y sont aussi abordés, des cures spécifiques y sont même évoquées.

Traditionnellement, le vin rouge ne se boit pas en dehors des repas, ni seul, mais il accompagne des spécialités culinaires. C’est peut-être d’ailleurs cela qui fait la différence entre une consommation conviviale, festive, et un comportement addictif : non seulement la quantité compte, mais aussi les circonstances dans lesquelles il est consommé. Seul ou au repas, consommation conviviale ou consommation solitaire.

Le vin rouge est adapté à la constitution Kapha

Selon les textes ayurvédiques « le mauvais usage de l’alcool créera de la peur, du chagrin, de la colère, la maladie et la mort. » N’oublions pas que dans le système ayurvédique tout aliment est un poison ou un médicament selon la façon dont il est consommé !

Toujours selon l’Ayurvéda, « si l’on consomme de l’alcool, il faut prendre en compte les qualités de la nourriture ou de la boisson, l’âge du consommateur, la force de la digestion, l’état actuel de santé ou de maladie, et la saison de l’année ou même l’heure de la journée. »

Essayons d’appliquer ces principes à des cas concrets : Si vous rentrez chez vous en vous sentant agité, stressé, frustré et/ou en colère, les qualités de l’alcool (chaud, sec) vont intensifier ces sentiments. Au contraire, vous vous sentirez beaucoup mieux, et serez mieux en mesure de gérer le lendemain au travail, en méditant ou en faisant sans forcer quelques postures de yoga. Alors, vous n’aurez probablement pas envie d’alcool. Ou vous pourrez quand même apprécier juste un peu de vin à votre repas pour vous aider à « digérer » la journée !

Lorsque vous dégustez un repas avec des amis et que le groupe propose du vin ou des spiritueux, tenez compte de ces conseils :

Assurez-vous de vous sentir joyeux et en bonne santé. Sinon, selon la règle de l’ayurveda « ce qui peut guérir peut nuire », la consommation de vin, loin de vous réconforter, pourra vous rendre malheureux. Donnez-vous le droit de dire en souriant : « Non merci. »

N’oubliez pas la règle d’or : la modération, même quand vous faites la fête. C’est ainsi que nous pouvons nous permettre de profiter d’un rituel social sans avoir à nous sacrifier !

Voyons aussi ce qu’on peut recommander en fonction de votre constitution ayurvédique :

Pitta : La consommation de vin, ou d’alcool en général, ne va pas être le choix le plus pertinent. Elle peut aggraver le déséquilibre si Pitta est déjà en excès.

Vata : Préférez les vins doux, style muscat, et bien sûr en quantité modérée.

Kapha : C’est le vin rouge qui est le plus adapté à ce dosha. Plus chaude et plus sèche dans les qualités, avec plus de tanins, cette boisson offrira un soutien aux feux digestifs, souvent lents chez les tempéraments kapha.

Si vous êtes engagé dans une voie spirituelle ou pratiquez le yoga, il est fort probable que vous aurez de moins en moins besoin de boire de l’alcool. Votre organisme sécrétant de plus en plus les « hormones du bonheur » (dopamine, ocytocine et sérotonine), vous vous passerez facilement de cet euphorisant.

En résumé, soyez attentif au jeu des gunas (sec, chaud, froid, etc.) dans votre physiologie. Ensuite, observez la qualité de la nourriture que vous allez consommer. Rappelez-vous juste que « le même engendre le même ». Faites-en sorte que votre vin fasse partie de l’alchimie du repas et ne soit pas un poison importun qui vous mette en déséquilibre. Il n’y a pas de mal à boire un peu de vin. Mais rappelez-vous que « cela dépend », et alors vous saurez quand cela peut être bénéfique.

Michel Caubet

 

 

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5 réflexions au sujet de « Ce que dit l’Ayurvéda au sujet de la consommation de vin »

  1. JACQUELINE

    Bonsoir JO
    merci pour cet article très intéressant sur le vin
    comme toute nourriture il faut savoir être modéré(e) et apprécier selon le moment selon notre état
    mais profitons aussi de la vie du moment présent
    belle semaine
    Jacqueline

    Répondre
  2. mado

    Merci pour votre article.
    Y-a-t-il des postures de yoga particulière recommandée lorsqu’on rentre d’une journée harassante de travail et qu’après la préparation des repas on aie envie d’un peu de vin pour le plaisir et « digérer » cette journée…
    Merci

    Répondre
    1. Jo COHEN Auteur de l’article

      Bonjour Mado

      Le mieux pour décompresser le soir, la posture pieds le long du mur à la verticale et corps couché sur le plancher.
      Après 20 ou 30 mn, la fatigue s’estompe.
      Cdt
      Jo

      Répondre

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