A propos de la Journée Internationale du « Yoga » ! (1ère partie)

Narendra Modi est un adepte du Yoga

Narendra Modi est un adepte du Yoga

A la surprise générale, l’Organisation des Nations Unies a décidé de faire du 21 juin la Journée Internationale du Yoga. Pourquoi une telle décision est-elle une surprise ? Un article publié sur le site de Radio France International apporte la réponse : « Connue pour ses lenteurs et ses atermoiements, l’ONU a adopté en un temps éclair une proposition faite en septembre par le Premier ministre indien Narendra Modi d’instaurer une Journée internationale du Yoga. Elle aura lieu tous les 21 juin, le jour le plus long de l’année ». Deux mois à peine après la proposition, la résolution est adoptée sans vote le 11 décembre dernier par 177 des 193 États de l’organisation, autant dire une quasi unanimité. Narendra Modi n’a pas caché sa joie à l’annonce de cette décision. Dans les quatre tweets qu’il envoie à ses « followers » à cette occasion, il fait deux remarques importantes. Une : de nombreuses personnes dans le monde ont intégré le Yoga dans leur mode de vie, ce qui devrait en inspirer beaucoup d’autres à l’adopter. A titre indicatif, on estime à 250 millions le nombre d’adeptes du Yoga[1] dans le monde, dont plus d’un million en France. Deux : il rappelle que le Yoga a la capacité à « rassembler toute l’humanité ». Le Yoga auquel il fait référence dans son dernier tweet « unifie harmonieusement la connaissance, gyan en sanscrit, l’action, Karma en sanscrit et la dévotion, bhakti en sanscrit ».

Si j’ai décidé de revenir sur cette résolution, c’est qu’elle constitue non seulement un événement positif, mais aussi un tournant majeur, révélateur d’une élévation de la conscience mondiale dont il nous faut mesurer à présent toute la portée. Car cette avancée concerne toutes les nations et, à ce titre, elle concerne chacun d’entre nous en tant qu’individu. Nous savons que cet événement est l’aboutissement naturel de l’engagement personnel de Narendra Modi sur la voie du Yoga. Et que cet engagement ne date pas d’hier. Agé de 64 ans, le Premier ministre de la plus grande démocratie du monde a obtenu  une maîtrise en sciences politiques à l’Université Gujarat. Dans les années 70, il a mené pendant trois années une vie de reclus dans un ashram de Swami Vivekananda à Almora, dans les contreforts de l’Himalaya, et ensuite à Guruchatti, près de Rishikesh. En 1992, il rejoint une délégation politique qui rendait visite au sage indien Maharishi Mahesh Yogi en Hollande. C’est à cette occasion qu’il apprend la méditation transcendantale. Après cette visite, Maharishi dira à quelques proches que Narendra Modi apporterait le moment venu des changements positifs pour l’Inde et pour le monde.

L'Université du Yoga Lakulish à Ahmedabad

L’Université du Yoga Lakulish à Ahmedabad

Bien sûr, comme tout homme politique, le nouveau Premier ministre indien a de très nombreux détracteurs. Il n’en demeure pas moins intéressant de suivre et de comprendre les fondements de ses décisions comme de ses prises de position. C’est en 2001, en qualité de Chief Minister du Gujarat, qu’il concrétise sa vision unifiée de la politique et du Yoga. Résultats ? Il met un frein à la corruption endémique dans le Gujarat, restaure le bon fonctionnement des infrastructures (eau, électricité, etc.) et relance l’économie et les investissements. C’est dans ce contexte qu’il inaugure le 23 mai 2013 l’Université du Yoga Lakulish à Ahmedabad, couronnement de sa démarche politique hors du commun. Il rappelle que du point de vue de la loi, cette université est une université dédiée au Yoga. En réalité, « elle est beaucoup plus que cela »  ajoute-t-il dans son discours inaugural : « C’est une université du Yuga[2] – d’une nouvelle ère – qui travaillera pour le bien de l’Inde et de toute l’humanité. »

La déclaration de l'ONU

La déclaration de l’ONU

Son élection au Poste de Premier ministre de l’Inde en mai dernier met en lumière sa vision de la politique reposant sur les principes du Yoga, un parcours pour le moins atypique. Dans la foulée d’un important remaniement ministériel, il nomme le 9 novembre dernier Shripad Yesso Naik, ancien ministre du tourisme, au poste nouvellement crée de ministre du Yoga, une surprise au moins aussi grande pour la plupart des indiens que pour le monde occidental ! Ce ministère aura entre autre la charge de promouvoir l’Ayurvéda et le Yoga, déjà très populaires en Occident, mais aussi l’Unani, la médecine gréco-arabe en vigueur au Moyen Orient et dans certaines parties de l’Inde, la médecine Siddha du Sud de l’Inde, assez peu reconnue au plan International et enfin l’Homéopathie[3]. L’Inde veut participer plus activement au marché mondial des médecines alternatives, évalué à quelques 100 milliards de dollars par an. A cet effet, le gouvernement décide de mettre en place un organisme de régulation qui aidera les fabricants de produits ayurvédiques à répondre aux normes de qualité en vigueur en Occident, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui. L’Inde veut aussi promouvoir l’Ayurvéda en tant que mode de vie favorisant la santé, une connaissance accessible à tous et pas seulement aux médecins[4]. Narendra Modi estime aussi que la médecine moderne et l’Ayurvéda ne s’excluent pas et qu’elles peuvent même travailler en synergie. Loin d’être un gadget, la nomination du ministre du Yoga intervient au moment où le Premier ministre impulse un changement majeur de modèle économique pour le développement de l’Inde, en rupture complète avec l’ère du socialisme à la Nehru. La suppression de la puissante Commission de planification, et son remplacement par une Commission nationale pour le développement et la réforme traduit ce virage à 180° annoncé le 15 août dernier, le jour même de la commémoration de l’Indépendance. L’Inde veut aussi profiter de ce qui a fait de la Chine la première économie mondiale.

Le Dr. Robert Schneider a conduit les recherches sur la méditation transcendantale

Le Dr. Robert Schneider a conduit les recherches sur la méditation transcendantale

L’approche de l’Ayurvéda préconisée par Narendra Modi s’appuie sur les validations de la recherche scientifique. Pour preuve, le Dr Robert Schneider, MD, FACC, doyen du Maharishi College of Perfect Health a été invité le mois dernier par le nouveau ministre du Yoga afin de faire une présentation de ses recherches sur les effets de la méditation transcendantale sur l’hypertension (voir à ce sujet http://la-voie-de-l-ayurveda.com/proteger-son-coeur-et-son-systeme-cardio-vasculaire-grace-a-layurveda/) au Congrès Mondial de l’Ayurvéda qui s’est tenu en novembre à Delhi. Plusieurs collaborations ont été planifiées entre le gouvernement indien et l’Université Maharishi du Management[5] ainsi qu’avec l’Institut de Médecine Naturelle et de Prévention de cette même Université. La mise en œuvre de recherches spécifiques sur l’Ayurvéda et le Yoga ont été également abordées.

Le ministre du Yoga à son domicile

Le ministre du Yoga à son domicile

Évoquant la personnalité de Narendra Modi, le Dr Robert Schneider rapporte que c’est un homme doté d’un solide sens pratique et qui apprécie les connaissances et les technologies védiques : « Il établit un pont entre l’Est et l’Ouest, et les ministres de son gouvernement partagent ce point de vue. » Le Premier ministre est préoccupé par la santé de ses concitoyens, car, avec la modernisation du pays, les maladies cardiovasculaires sont devenues la principale cause de mortalité en Inde. Les traitements modernes sont coûteux et donc inaccessibles à une majorité d’indiens.  C’est pourquoi l’approche par les systèmes traditionnels doit être relancée pour résoudre ce problème. Dans son allocution plénière ainsi que lors de sa rencontre avec le nouveau ministre du Yoga, le Dr Schneider a beaucoup parlé de la psychiatrie védique, nouveau domaine d’investigation de l’Approche Védique de la Santé Maharishi. La psychiatrie védique, basée sur les principes de l’Ayurvéda Maharishi, complète la technique de méditation transcendantale ainsi que les approches physiologiques et environnementales de l’Ayurvéda Maharishi.

Narendra Desai, premier ministre indien

Narendra Modi, premier ministre indien

Si le Yoga tient une place majeure dans les références de Narendra Modi, de quoi parle-t-il exactement ? Parmi les nombreuses traductions du terme sanscrit Yoga, on trouve en premier le sens d’union. Union du corps et de l’esprit est une traduction communément admise. On est loin en tous cas des dérives qui réduisent le yoga à une gymnastique pour salles de fitness. Le sujet de Yoga sera traité dans la seconde partie de cet article. (A suivre)

Jo Cohen

 

 

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[1]                                              Il est question ici d’une majorité de pratiquants du Hata Yoga.

[2]                                              Le terme sanscrit Yuga fait référence au découpage du temps en ères : Kali Yuga, Sat Yuga, Dwapara Yuga, etc.

 

[3]                                              A défaut d’être strictement indienne, la médecine de Hahnemann est très répandue et pratiquée en Inde.

 

[4]                                              C’est aussi le choix du blog La Voie de l’Ayurvéda.

 

[5]                                              Maharishi University of Management, Fairfield, Iowa, USA.

 

5 réflexions au sujet de « A propos de la Journée Internationale du « Yoga » ! (1ère partie) »

  1. NADIA

    en effet, lorsque l’on entend et voit ça, on ne peut que se dire que l’Humanité n’est peut-être pas perdue ! Allez, ou encore YALLA comme disait Soeur Thérésa,, nous avons donc ENCORE des raisons d’y croire…

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    1. Jo COHEN Auteur de l’article

      Bonjour Nadia,

      Merci pour ton commentaire et ta référence à Yallah qui était le slogan de Sœur Emmanuelle au Caire si mes souvenirs sont exacts.
      Bonnes fêtes
      Jo

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  2. Hussenot michel

    Bonjour Jo
    Escellent et très inspirant article !
    Je suis heureux d’avoir des nouvelles de ta vie, et voir que ton esprit et ta conscience sont toujours aussi éveillés. Il est bon de recentrer, comme tu le fait, l’information concernant le Ministère du Yoga en Inde, car les médias français l’ont présenté comme souvent avec cynisme et ignorance. Le Yoga de Patanjali méritait mieux !
    Satya (la vérité) plutôt que Maya (la réalité)
    Bonne vie pour toi et les tiens, Michel

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