Quelques conseils adaptés aux périodes froides de l’automne et de l’hiver

L'écureuil change de régime en automne

L’écureuil change de régime en automne

L’automne, déjà bien avancé, et l’hiver qui suivra, seront tous deux marqués par une baisse notable des températures qui va aggraver le dosha Vata pour toutes les constitutions. Nous avons déjà donné dans ces colonnes les grandes lignes des recommandations de l’Ayurvéda pour traverser ces deux saisons sans souffrir du froid et de la sécheresse (voir à ce sujet http://la-voie-de-l-ayurveda.com/accordez-votre-physiologie-aux-tonalites-de-lautomne/). Les points qui suivent viennent les compléter, l’occasion de rappeler quelques principes de base et leur validation par la recherche scientifique. L’une des grandes règles concernant l’alimentation est de manger des produits de saison, et donc, de résister aux tentations des achalandages colorés des supermarchés qui importent fruits et légumes des quatre coins de la planète, oubliant totalement que nous sommes en automne ou en hiver. Le céleri rave ou le chou qui sont des légumes de saison sont donc à consommer en cette période de l’automne. Seuls les aliments de saison permettent d’équilibrer naturellement le pH du corps. C’est particulièrement en ce moment qu’il convient de préparer la physiologie à passer l’hiver en mangeant une alimentation plus alcaline, et ce, afin que l’immunité soit maximale pendant les mois les plus froids de l’hiver. Les aliments alcalins soutiennent alors l’élimination naturelle des toxines. C’est une transformation importante en phase avec les transformations qui interviennent dans toute la nature. Les signes de ces transformations devraient nous interpeller : les arbres perdent leurs feuilles, plusieurs espèces migrent à des milliers de kilomètrent afin de trouver des climats plus cléments.

Avec la récolte de chaque saison, le pH du corps change, influant largement sur notre santé. Rappelons que le pH mesure la concentration en ions d’hydrogène. Plus il y a d’ions d’hydrogène dans un aliment, plus il est acide, et plus son pH est bas[1]. Les aliments dont le pH est en dessous de 7 sont considérés comme acides. Au-dessus, ils sont considérés comme alcalins. Les aliments alcalins, dont font partie la plupart des fruits et légumes, sont plus sains dans la mesure où le corps se nettoie ou se détoxifie mieux dans un environnement alcalin. Plusieurs études montrent qu’un régime plus alcalin améliore la santé osseuse, réduit l’atrophie musculaire chez les personnes âgées, atténue l’hypertension et les risques d’AVC, améliore la santé cardiovasculaire, la mémoire et les fonctions cognitives et augmente le magnésium intracellulaire nécessaire à de nombreux systèmes enzymatiques. Ne pas en conclure hâtivement que les aliments acides sont mauvais, ils doivent être simplement consommés dans un bon équilibre avec des aliments alcalins car ils sont généralement plus denses et donc plus difficile à digérer. Des aliments acides comme les viandes, les céréales, les légumineuses ou les produits laitiers contiennent généralement plus de protéines et de matières grasses. Parmi les aliments les plus acides figurent les aliments industriels, les aliments emballés, le sucre, le café, les produits de boulangerie, l’alcool, la plupart de ce qui est servi dans les fast-foods ainsi que les boissons gazeuses. Point intéressant, le corps stocke plus facilement les aliments acides que les aliments alcalins. La nature nous en donne de nombreux exemples. Ainsi, l’écureuil mange des noix en automne afin de stocker des protéines et des matières grasses en prévision de l’hiver. Si ce même écureuil mangeait seulement une diète alcaline à base de fruits et légumes, il risquerait de mourir à l’approche des premiers froids. D’où l’importance de consommer des aliments de saison : ils sont seuls à équilibrer naturellement le pH. Les aliments acides ayant tendance à pénétrer profondément et à mieux se conserver que les aliments alcalins, ils doivent être consommés en fonction de la saison, sans quoi ils risquent de causer des problèmes. Les aliments acides emballés ou transformés sont souvent chargés de conservateurs, de produits chimiques et de toxines difficiles à éliminer. Ils doivent être évités car ils prédisposent à une dégénérescence précoce ou à la maladie.

La grenade est un fruit d'automne

La grenade est un fruit d’automne

La plupart des experts de la nutrition conviennent qu’une alimentation saine devrait être composée de deux tiers d’aliments alcalins et d’un tiers d’aliments acides. Ce ratio, qui devrait être ajusté en fonction du climat et de la situation géographique, n’est pas facile à respecter au cours d’une même journée. Imaginez que vous preniez un petit déjeuner à base de céréales avec du miel, du lait de riz et un jus d’orange fraîchement pressé, il sera à 100% acide. Au déjeuner, vous prendrez un riz basmati bio avec une petite salade. Ce repas sera 70% acide et 30% alcalin. Si au dîner vous prenez du quinoa avec du riz, des légumes et une petite salade, il sera à 60% acide et à 40%. Au bilan de la journée, vous aurez mangé à 230% des aliments acides et à 70% des aliments alcalins. Vous serez loin du ratio recommandé. Si vous optez pour des aliments de saison, l’équilibre du pH sera obtenu plus facilement. C’est la recommandation faite par l’Ayurvéda qui envisage l’équilibre à respecter non plus sur une base quotidienne mais sur une base saisonnière et annuelle. En automne et en hiver, c’est-à-dire de novembre à février, les aliments contiennent une haute teneur en graisses et en protéines, ils sont principalement acides. La personne prend du poids, ce qui lui permet de mieux résister à l’hiver. A la saison du printemps, c’est à dire de mars à juin, les légumes verts et les aliments à faible teneur en graisse sont en abondance. Ils favorisent le nettoyage du corps car c’est alors l’alcalin qui domine. En été et au début de l’automne, c’est-à-dire de juillet à octobre, les fruits et légumes frais donnent également une dominante alcaline. Ainsi donc, en mangeant des aliments de saison, le pH de l’organisme sera naturellement plus acide en hiver et plus alcalin au printemps, en été et au début de l’automne. La fête d’Halloween qui vient de passer peut être considérée comme le point de départ de la saison acide avec le froid et la sécheresse qui arrivent.

Le fruit est pressé entier

Le fruit est pressé entier

S’il est un fruit de saison qui devrait attirer votre attention en ce moment, c’est la grenade. Elle est cueillie de septembre à décembre. Sa peau était utilisée autrefois en Inde pour teindre la laine dans des tons jaunes et noirs. La racine, l’écorce et la peau bouillie servaient de vermifuge. Le jus obtenu en pressant le fruit entier est un aliment aux étonnantes propriétés. C’est entre autre un puissant tonique du système cardiovasculaire. Dans une étude récente[2], un groupe de patients cardiaques ont été divisés en deux sous-groupes. Le premier a reçu une préparation à base de jus de grenade,  le second a reçu un placebo. Après trois mois, les épisodes d’angine de poitrine ont diminué de 50% dans le premier sous-groupe qui prenait du jus de grenade et augmenté de 37% dans l’autre sous-groupe. Dans une autre étude destinée à mesurer l’impact sur l’athérosclérose, maladie marquée par des dépôts de plaques d’athérome sur la paroi artérielle – principal facteur de risque de crise cardiaque ou d’AVC – un groupe de patients cardiaques a été divisé en deux sous-groupes. Le premier a reçu des statines, alors que le second a reçu des statines ainsi que du jus de grenade. Dans le premier sous-groupe, la paroi artérielle s’était épaissie de 9% en un an, alors que dans le second, on a constaté à l’inverse une baisse de 35% dans l’épaisseur de la paroi artérielle. La grenade intervient dans la réparation constante des cellules qui tapissent les parois artérielles. Le jus de grenade fraichement pressé est en outre un puissant antioxydant, capable de réduire de 90% l’état d’oxydation du mauvais cholestérol. Une dose de 120 ml de jus de grenade par jour est largement suffisante! La peau blanche de la grenade, riche en bioflavonoïdes et en micronutriments, est bonne pour la lymphe et la microcirculation. Le site Wikipédia rappelle que, même si toutes n’ont pas été faites sur l’homme, plus de 250 études scientifiques ont montré les effets positifs du jus de grenade en cas de maladies cardiovasculaires, de cancers et d’arthrite. Dans une étude in vitro, le jus de grenade a montré des effets positifs contre les cellules du cancer du sein. Par ailleurs, les polyphénols du jus fermenté agissent aussi sur les cellules de la leucémie : les cellules redeviennent saines ou sont poussées vers une mort programmée dite phénomène d’apoptose. Dans une série d’études précliniques, les polyphénols du jus de grenade fermenté semblent être également efficaces contre le cancer de la prostate.

Feuilles de Gurmar

Feuilles de Gurmar

Pour affronter la saison froide, il faut savoir parfois résister à certains aliments que nous consommons uniquement afin d’apaiser le Vata. C’est entre autre le cas du sucre et des goûts sucrés, lesquels finissent par engendrer une dépendance. La science moderne montre que le sucre est impliqué dans à peu près toutes les maladies chroniques et dégénératives qui affligent l’homme moderne. Comment y résister ? En Ayurvéda, la plante amère appelée gurmar[3] – qui signifie littéralement, destructeur de sucre – bloque l’attrait du goût sucré pendant une dizaine de minutes. Tout aliment sucré absorbé après avoir goûté cette plante est rejeté ou craché immédiatement, la langue ne supportant plus son goût. Cette plante aide ainsi à combattre la dépendance au sucre et aux goûts sucrés en bloquant l’absorption intestinale du sucre et en réduisant les fringales de sucre, cause de prise de poids ainsi que de taux élevé de glycémie dans le sang. Cette herbe peut aussi aider les enfants à se détourner du sucre. Une gélule de 500 mg par jour suffit à freiner leur attirance pour le sucre.

Le fromage est lourd

Le fromage est lourd

L’autre aliment prisé en hiver n’est autre que le fromage. Cet aliment lourd apaise le Vata. L’Ayurvéda ne recommande pas la consommation de fromage. La science moderne vient de conclure que le fromage créait une dépendance comme avec n’importe quelle drogue. Dans une étude publiée dans l’US National Library of Medicine, des chercheurs de l’Université du Michigan ont montré en effet que le fromage était aussi addictif que des drogues. Un groupe de 500 étudiants a été soumis au test du Yale Food Addiction Scale. La pizza est arrivée en tête de liste des aliments les plus addictifs à cause du fromage gras de sa garniture. L’étude a montré que la caséine du lait était à la base de cette addiction. Celle-ci libère libérer toute une série d’opiacés appelés ‘casomorphines’ lors de la digestion. Les chercheurs ont également noté que plus les aliments étaient traités industriellement, plus ils avaient tendance à créer des addictions.

Chocolat et fève de cacao n'ont pas les mêmes propriétés

Chocolat et fève de cacao n’ont pas les mêmes propriétés

Autre aliment apaisant le Vata, le chocolat, produit riche en magnésium et dont les nutritionnistes ne cessent de vanter les vertus antidépressives. L’addiction au chocolat révèle un manque de magnésium qui se traduit en bout de course par un faible taux de vitamine D, particulièrement sensible dans les pays où l’hiver est peu ensoleillé. Le chocolat produit généralement beaucoup d’ama et favorise, notamment chez les enfants, les maladies de la sphère ORL. Bien sûr, il faut distinguer le chocolat noir à faible teneur en sucre et forte teneur en cacao (70 à 80%) du chocolat au lait qui contient beaucoup de sucres et d’ingrédients additionnels et fort peu de cacao (parfois à peine 10%). Ingrédient clé du chocolat, la fève de cacao est particulièrement amère, apportant des qualités de fraîcheur, de légèreté et de sécheresse à la physiologie. Avant de servir de base au chocolat, cette fève était utilisée autrefois comme épice dans l’alimentation. L’Ayurvéda reconnait à la fève des qualités anti-inflammatoires et antitoxiques. Elle augmente le bon cholestérol (HDL) et réduit le mauvais (LDL). Elle a aussi des vertus laxatives. Elle réduit la fièvre si elle n’a subi aucun traitement. Le sucre et les additifs comme la lécithine de soja font du chocolat un aliment lourd favorisant ama. Si vous décidez de consommer du chocolat, considérez-le avant tout comme un médicament à consommer en petite quantité et dans un contexte précis. Si vous êtes de constitution Vata, le chocolat amer ne vous est pas conseillé. Prenez un chocolat sucré au stévia par exemple et consommez le de préférence le matin. Consommé le soir, il perturbe Vata et donc le sommeil. Si vous êtes de constitution Kapha, le chocolat amer peu sucré vous sera bénéfique. Si vous êtes de constitution Pitta, le chocolat ne vous sera pas bénéfique car il contient de la caféine qui risque d’aggraver votre dosha. Les personnes souffrant de calculs rénaux, de maux de tête et d’arythmie cardiaque devraient éviter le chocolat. En tout état de cause, optez pour un chocolat contenant au moins 70% de cacao et produit par un artisan. Le mieux serait qu’il contienne du sucre brut et non du sucre raffiné.

 

Jo Cohen

 

 

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[1]                              Pour plus de détails sur le sujet, reportez-vous aux travaux du Pr. Louis-Claude Vincent, inventeur de la bioélectronique Vincent.

[2]                              American Journal of Cardiology, 2005 Sep 15;96(6):810-4 2,3.

 

[3]                              Son nom botanique est Gymnema sylvestre.

10 réflexions au sujet de « Quelques conseils adaptés aux périodes froides de l’automne et de l’hiver »

  1. JACQUELINE

    Bonsoir JO
    Merci pour cet article qui nous conseille sur l’alimentation à privilégier en cette saison d’automne et d’hiver qui va suivre : par contre je ne sais pas trop ce qu’il faut consommer en aliments acides ou alcalins car tu dis que les aliments acides sont plus de ces saisons : automne et hiver
    et s’il faut manger 70 % d’alcalins et 30 % d’acides, peux tu me dire quels aliments faut il privilégier de manger ?
    merci d’avance
    amicalement
    bonne soirée
    Jacqueline

    Répondre
    1. Jo COHEN Auteur de l’article

      Bonsoir Jacqueline

      Il faut privilégier en quantité les fruits et légumes de la saison (carottes, pommes, choux, céleri rave, etc) en tenant compte de sa constitution.
      Exemple : un Kapha devra diminuer les carottes au profit du céleri. Etc.

      Belle journée

      Jo

      Répondre
  2. Ping : Quelques conseils adaptés aux périodes froides de l’automne et de l’hiver, par Jo Cohen | Ayurvéda Magazine

  3. diot

    bonjour

    merci pour votre article, dites moi où me procurer du gurmar de qualité.

    Je vous remercie, au plaisir de vous lire.

    Cordialement,

    barbara

    Répondre
  4. Ludovic

    Bonjour Jo
    Je te remercie pour cette article, il y à une petite faute à corriger dans le texte tu écris deux fois de suite « libérer » lorsque tu aborde le fromage.
    A propos j’ignorais que le fromage est similaire à une drogue. Du coup l’utilisation la plante gumar peut-elle être utilisé pour ceux désaccoutumé progressivement du fromage ? Puisque ce dernier contient également un goût sucré.

    Répondre
  5. Juan Araya

    Bonjour,

    Je vous recommende vivement de lire le livre du cientifique et cardiologue francais Michel de Lorgeril,
    Le Nouveau Regime Mediterraneen, Ed Terre Vivante, il est excelente, et si bien il ne s’agit pas de l’Ayurveda, je pense que peut etre tres proches sur certains aspects, et complementaires dans d’autres cas, surtout que en Europe on ne trouve pas les memes aliments que en Inde.

    Il y a un autre livre tres interesant, Anticancer, de David Servan Schriber, il parle beaucoup sur l’alimentation. Si vous avez d’autres a recommender…

    J’espere que ca vous interessera.

    Juan V.

    Répondre

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