L’idéal de la vie maritale selon la tradition védique

De la dualité à l’unité

La vie maritale selon la tradition védique est aux antipodes de ce qu’est devenu le mariage dans nos contrées occidentales. Comme dans de nombreuses sociétés traditionnelles, le mariage selon le Véda représente un chemin spirituel que l’on parcourt à deux en direction de la conscience d’unité. C’est une relation à trois, le niveau du Divin coiffant celui des deux époux. Comment comprendre cette relation ? Le propos qui suit en réponse à cette question est extrait d’une conférence donnée à ce sujet par le sage indien Maharishi Mahesh Yogi au début des années 70 à Humbolt (Californie).

Selon la tradition védique, le mari et la femme ont une relation très intime. La femme est appelée « ardhaanginî », c’est-à-dire « demi corps ». Les deux corps ne représentent qu’une seule et même vie. Une moitié ici, une autre là, les deux vont constituer une vie. Cette moitié vit pour cette moitié, et cette autre moitié vit pour cette autre moitié. C’est le chemin concret vers la conscience d’’unité à partir du niveau de la dualité. Telle est la vie de famille.

Maharishi au Lac d’Humbolt

La vie du mari et de la femme constituent une démonstration pratique, physique, concrète et matérielle de l’état d’unité des deux moitiés. Elles s’unissent pour former une seule vie, tout comme les deux mains d’un même corps. Les deux mains ne se battent pas entre elles. L’une soutient l’autre dans tout ce qu’elle fait. Elle ne fait que du bien à l’autre.

C’est une relation si intime qu’il ne peut y avoir séparation. Chacun vit pour l’autre. Tous deux respirent le même souffle de vie. La même impulsion de vie est vécue par le mari et la femme, même si elle est vécue séparément. Le mari peut être à son bureau pendant que son épouse est à la maison. Les heures passées au bureau sont dévouées aux heures passées à la maison. On peut dire que le bureau est « dévoué » à la maison, et la maison « dévouée » au bureau, si bien qu’il y a la plénitude du cœur et plénitude de l’esprit aux deux niveaux.

 

C’est ainsi que, même si l’un n’est qu’une moitié, il jouit de la plénitude de la vie pendant que l’autre moitié jouit de la même manière de la plénitude de la vie. Les deux moitiés jouissent de la plénitude de la vie, et constituent deux plénitudes de vie. Telle est la relation du mari et de la femme. C’est l’avantage spirituel de vivre matériellement ensemble. Cela ajoute à la plénitude du cœur, à la plénitude de l’esprit et à la plénitude de la vie. L’un est juste là pour l’autre. C’est une vie fondée sur l’application de la dévotion au domaine pratique de la vie. C’est un état de vie fondé sur l’abandon au niveau pratique de la vie. Cet abandon est juste mental, l’un vit juste pour l’autre, c’est tout.

Deux dans une même direction

La vie maritale est une vie de joie dans le sacrifice. Chacun aime renoncer à ses propres désirs pour le désir de sa femme ou de son mari. Chacun renonce à désirer au profit du désir de l’autre. Ceci est la base d’une vie d’union du mari et de la femme. Ils sont encore deux, mais sont en parfaite union l’un avec l’autre.

Vers l’unité

Le lien marital est plus fort lorsque l’on respecte le désir de l’autre plus que son propre désir. Quel que soit le désir de l’un, « Oui » devrait être la réponse de l’autre. Si l’un dit « je voudrais avoir cela », l’autre devrait dire « oui bien sûr ».
Chacun peut apporter un point de différence après un moment. Mais dans l’instant, il dira toujours « Oui ». Ainsi la vie sera de plus en plus joyeuse. Parce que lorsque nous nous engageons à vivre ensemble, chacun donne le bénéfice de sa vie à l’autre, comme ça. C’est un effet bénéfique mutuel. Chacun profite de l’autre.

 

C’est la raison fondamentale pour vivre ensemble. La vie maritale est une joie quand on vit pour l’autre.

 

Face à cet idéal, on ne compte pas les couples qui se séparent faute d’avoir trouvé le moyen pratique pour s’adapter aux exigences élevées d’un tel mariage. Pourtant, des outils existent. Le plus important est sans doute la méditation transcendantale. Une étude réalisée aux Etats-Unis par Elaine et Arthur Aron a comparé la satisfaction conjugale de femmes pratiquant la méditation transcendantale par rapport à celle d’un groupe témoin. Les résultats de cette étude ont été publiés dans le magazine Psychological Reports[1]. A cet effet, l’inventaire d’adaptation conjugale de Locke[2] a été appliqué aux  deux groupes. 17 femmes mariées ayant appris le programme de méditation transcendantale ont été comparées à 17 femmes d’un groupe témoin présentant une même durée de mariage, un même âge et vivant dans un même quartier de la ville. Les femmes interrogées ne savaient pas que l’étude était reliée à la pratique de la méditation ni qu’elles avaient été contactées parce qu’elles méditaient.

Méditer favorise l’adaptation conjugale

L’étude a montré que les femmes pratiquant la méditation transcendantale jouissaient d’une satisfaction maritale nettement supérieure à celle du groupe témoin. Pour celles qui avaient déclaré une pratique régulière, l’effet bénéfique était encore plus fort. Il apparaît ainsi que le programme de méditation transcendantale peut aider à prévenir la discorde conjugale.

Une autre étude réalisée par Martha E. Chen et publiée dans le  Journal of Holistic Nursing[3] a montré les effets bénéfiques de la méditation transcendantale sur les relations familiales. Il s’agit d’une étude comparative quant au fonctionnement de familles pratiquant la méditation transcendantale. Grâce à l’échelle Beavers-Timberlawn Evaluation, des familles qui pratiquaient le programme de méditation transcendantale depuis cinq ans ou plus ont été comparées aux familles qui pratiquent la méditation transcendantale depuis moins d’un an. L’échantillon de cette étude était composé de 23 familles (15 pratiquant depuis plus de cinq ans et 8 depuis moins d’un an). Une interaction vidéo de 60 minutes a été enregistrée et évaluée indépendamment.

Des relations saines

Les caractéristiques suivantes ont été mesurées: structure de la famille, croyances de la famille, négociation axée sur des objectifs, autonomie, affect familial et santé générale. Des différences statistiquement significatives en termes de relations familiales ont été constatées entre les deux groupes. Sur chaque paramètre de l’échelle comparative, les familles qui méditaient depuis plus longtemps se sont révélées plus saines que les familles qui méditaient depuis peu. Les résultats des familles qui méditaient depuis plus longtemps se sont également révélés meilleurs que ceux d’un groupe normal de familles établi par des études antérieures.

Jo Cohen

 

 

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[1]                              Psychological Reports Volume 51, Numéro, pp. 887-890

[2]                              Locke’s Marital Adjustment Inventory

[3]                              Journal of Holistic Nursing, mars 1987, vol 5: pp 6-10

7 réflexions au sujet de « L’idéal de la vie maritale selon la tradition védique »

  1. JACQUELINE GRENIER

    Bonsoir JO
    j’ai bien aimé cet article qui me parle car je suis mariée depuis bientôt 33 ans c’est vrai qu’il faut parfois dire OUI à l’autre pour avoir une belle plénitude de vie.
    Mais quelque chose m’interpelle : dans beaucoup de pratiques et thérapies « naturelles » on nous dit de laisser à l’autre sa liberté, de ne pas « forcer » l’autre à faire quelque chose dont il n’a pas envie, de laisser sa liberté à l’autre comme il doit nous laisser la nôtre
    je suis un peu perdue par ton article
    peux tu m’éclairer ? dire OUI à l’autre même si on n’a pas envie, cela ne mène t il pas un jour à un malaise, à une séparation au fil du temps
    je te remercie d’avance pour ta réponse
    amicalement
    Jacqueline

    Répondre
    1. Perceneij

      Quand on a « le coeur content » il est facile de dire oui à l’autre sur quelque chose qu’on n’aurait pas choisi soi-même. Chez nous on voit ça dans la relation parent-enfant… ou dans la période lune de miel de nos relations amoureuses. D’autre part quand on éprouve un amour calme et profond on a soi-même moins d’exigences dans la vie et on ne va pas vouloir imposer à l’autre quelque chose qu’il/ elle. La frustration vient quand un seul des deux époux applique ces principes de don et d’amour. Mais si ces principes sont pour les deux la règle spirituelle à suivre, et qu’elle est suivie, l’équilibre doit sans doute se maintenir naturellement et l’amour ne peut que grandir. Il ne s’agit plus de dire OUI à l’autre même si on n’a pas envie, il s’agit de vouloir faire plaisir à l’autre parce qu’on regarde le couple comme accomplissement, et non l’individu, de sorte que si vous avez quelque chose qui vous tient vraiment à coeur l’autre vous aidera à l’obtenir plutôt que de vous en empêcher et vous ferez la même chose pour l’autre. Je trouve ça magnifique et la seule façon justifiable d’être en couple, sinon autant rester indépendant dans la relation amoureuse.

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    2. Jo COHEN

      Bonjour Jacqueline

      Dire oui au désir de l’autre est la voie pour élargir sa propre conscience et ne pas se laisser enfermer dans le petit échange, je te donne ça et tu me donnes ça.
      Cela procure le sentiment d’unité qui croit avec le temps.
      Les propos des psychologues du moment ne tiennent pas compte de cette relation à trois où le Divin conduit la relation.
      Ce qui est sûr, c’est qu’on ne peut suivre les deux modèles en même temps.
      Amitiés
      Jo

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  2. Amina

    Famille de méditants de longue date, je confirme votre analyse sur la grande harmonie de relations au sein de ma petite famille, les conflits existent mais ne durent pas longtemps!

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  3. Béatrice

    Un être libre n’est pas censé tout accepter, sinon il n’est plus libre. L’Unité, c’est la fluidité et la légèreté de chaque instant et c’est tellement bon que le couple divin fera en sorte de maintenir cette plénitude, quelques soient les tâches qu’ils doivent accomplir. Mais il n’y a jamais de forcing. Jamais sinon y a plus d’Unité. Il peut y avoir des frictions, mais cela ne durent pas. Elles sont dissoutes dans l’Amour, dans le feu vibral. Se soumettre au désir de l’autre, c’est pas l’Unité. C’est du faux semblant et cette attitude est vouée à l’échec tôt ou tard. L’Unité, c’est avant tout la Vérité de qui nous sommes. On peut pas faire semblant avec l’autre. Impossible. Y a une responsabilité et on est fidèle à cette Rectitude.

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    1. Joël Gord

      Je me trouve en totale résonance (et raisonance) avec votre réflexion, Béatrice: supprimons tout de suite le mot liberté des dictionnaires si la liberté c’est tout accepter, apprendre à tout accepter, se conditionner à tout accepter, sans même de révolte intérieure. Et pourquoi pas, en plus, selon des soi-disants préceptes de non-violence, qui n’ont rien affaire ici selon moi (tout accepter pour ne pas exprimer de violence! quelle énorme manipulation de l’âme, la sienne et/ou celle de l’autre). Justifions tant qu’on y est, dans ce cas, l’esclavage, la dictature, et à plus petite échelle acceptons sans rien dire les horreurs que font subir les pervers-narcissiques à leurs victimes! Maintenant, c’est vrai qu’aimer devient souvent synonyme de recevoir, aimer recevoir, avoir le plaisir de recevoir, etc… Or, en amour, y a-t-il place pour un comportement consumériste qui permettrait satisfaction mutuelle, épanouissement, et in fine bonheur partagé. Personnellement, je ne le crois pas: l’un va dévorer l’autre, en faire sa chose, son esclave, l’humilier, l’empêcher de se réaliser… Qui voudrait de cela pour soi-même? Alors l’infligerai-je à mon alter ego? Par contre, en accord avec l’article ci-dessus qui ne le dit pas expressément: quel bonheur de donner, d’offrir, de s’offrir à l’être aimé. En n’attendant rien en retour. En toute confiance envers l’être aimé. En s’étonnant chaque fois de son attention à ce que je lui donne. En se dissolvant l’un l’autre dans le bonheur de l’autre, comme le nuage de lait dans le thé, pour ne faire plus qu’un, ou si l’on préfère 1+1=3 (le thé, le lait et le thé au lait. L’autre, moi, et le couple). Suis-je irréaliste, utopiste? J’y crois et j’ai confiance dans cet amour que nous pouvons pratiquer, mais dont nous ne sommes pas les inventeurs.
      Joël

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